Retour

Un travail inachevé au Mans pour Louis Delétraz

Triple champion ELMS en LMP2, Louis Delétraz a connu beaucoup de succès aux 24 Heures du Mans depuis ses débuts en 2021. Le Genevois de 28 ans a terminé deuxième en LMP2 en 2022 et 2023, et a décroché la deuxième place en LMP2 Pro/Am l’an dernier après avoir signé la pole position de la catégorie LMP2 lors de l’Hyperpole du jeudi soir. Pourtant, la plus haute marche du podium au Mans lui échappe encore.

Un travail inachevé au Mans pour Louis Delétraz
29/05/2025

Cette saison, Louis Delétraz évolue en catégorie LMP2 Pro/Am avec AO by TF, aux côtés du duo américain PJ Hyett et Dane Cameron. La saison a commencé par une déception à Barcelone, avant un retour sur le podium au Castellet après être parti de la pole position. Comment Louis résume-t-il ce début de saison ELMS ?

« Barcelone a été difficile à encaisser, car nous étions rapides et très bien placés pour gagner en Pro/Am, voire au général, jusqu’à ce qu’un capteur d’accélérateur lâche et nous fasse perdre plusieurs tours. C’est beaucoup de points envolés et pas la manière dont on veut débuter un championnat, mais malheureusement ça arrive…

Globalement, je suis satisfait de notre performance cette année. AO by TF nous a fourni une voiture rapide sur les deux courses, la stratégie était bonne, et nous n’avons pas fait d’erreurs. Les conditions à Paul Ricard étaient compliquées ; nous avons pris la mauvaise décision de partir en slicks sur une piste humide, mais malgré ça, PJ est resté en piste et a bien remonté. On a construit notre course petit à petit avec un bon rythme, et on est revenus à la 2e place. De bons points, et maintenant le championnat Pro/Am est extrêmement serré. »

Le plus proche que le Champion du Monde FIA WEC LMP2 2023 ait été d’une victoire au Mans, remonte à 2021 avec Team WRT. Son coéquipier Yifei Ye menait la catégorie LMP2 jusqu’au tout dernier tour des 24 Heures lorsque qu’un problème technique a immobilisé la voiture à moins de 10 km de l’arrivée.

Bien qu’il ait signé de très bons résultats, Louis Delétraz ressent-il une certaine frustration de ne pas encore avoir remporté Le Mans, surtout après être passé si près en 2021 ?

« Ne m’en parle pas… 2021 fait encore mal. Perdre une victoire au Mans dans le dernier tour à cause d’un souci électronique me hante encore. Et ces trois dernières années, on a terminé sur le podium, à chaque fois P2, à seulement quelques secondes de la victoire.

J’adore Le Mans. On a fait de très belles courses ces trois dernières années et je suis très fier de ces trois podiums, mais il est temps d’aller chercher plus, j’espère. On sait tous que Le Mans est l’une des courses les plus dures, alors il ne faut pas trop y penser, rester humble, préparer la meilleure voiture possible… et voir où on en est après 20 heures. C’est là que le vrai combat commence. »

La pole position au Mans est-elle vraiment si importante ? Quel est l’avantage principal de partir en tête de la grille LMP2 dans une course aussi longue ?

« Soyons honnêtes, c’était vraiment cool de faire la pole au Mans, mais sur une course de 24 heures, il n’y a pas de réel avantage. C’est bon pour l’ego et les réseaux sociaux, mais ce qui m’importe, c’est d’avoir une voiture rapide en course pour viser la victoire. Je dirais quand même que partir devant permet souvent d’éviter le chaos du milieu de peloton au départ.

D’un autre côté, Le Mans, pneus neufs, peu d’essence, aucun trafic… c’est juste un rêve. L’an dernier, c’était ma cinquième participation à l’Hyperpole, et à chaque fois j’ai un énorme sourire en sortant de la voiture. »

Alors, qu’est-ce qui rend Le Mans si spécial ?

« Le Mans est l’un de mes circuits préférés. J’adore les virages Porsche, super rapides et fluides — c’est encore plus magique la nuit avec le trafic et cette vision en tunnel qui s’installe. »

Alors que certaines équipes LMP2 engagées en ELMS ont modifié leur équipage pour Le Mans, l’Oreca AO by TF conservera son trio habituel : Louis Delétraz, PJ Hyett et Dane Cameron. Seul changement : le numéro de la voiture, qui passe de 99 à 199, le 99 étant déjà utilisé par une voiture du WEC.

« Avoir le même équipage qu’en ELMS est un vrai atout, cela apporte de la continuité. L’équipe sera également la même, avec quelques renforts venus des États-Unis chez AO Racing. On se connaît tous bien, et on peut capitaliser sur notre expérience commune.

PJ et moi étions déjà coéquipiers l’an dernier, et j’ai adoré ça. Les conditions météo étaient très variables, avec du sec, de l’humide et du très mouillé — on a tout eu ! On a eu un an pour analyser tout ça, donc on devrait être mieux préparés. Cette année, avoir Dane avec nous est une super nouvelle. Il est très expérimenté et rapide, j’ai hâte. »

Alors, quel est le secret pour signer un bon résultat au Mans ?

« Le secret d’un bon Mans, c’est d’y aller étape par étape : construire une voiture de course efficace, ne pas faire d’erreurs, et arriver au petit matin avec une voiture à 100 % intacte. Si tu arrives à faire ça, tu devrais être dans le coup pour la victoire — et ensuite tu t’adaptes à la situation.

Pour moi, un bon résultat serait de franchir la ligne d’arrivée sans erreur, sans contact, sans pénalité, et être fier de notre course. Bien sûr, je veux vraiment gagner, mais je ne veux pas trop y penser. On va essayer de faire une course parfaite et on verra où ça nous mène ! »

Partager
X Facebook Whatsapp